De la restitution des objets précolombiens aux Kogis, célébrée ensuite à l´Alliance Française de Santa Marta, jusqu´au Festival international de cinéma de Cartagena (FICCI), en passant par des "rencontres écologiques" dans la Sierra Nevada, ce premier passage sur la Côte caraïbe colombienne aura été riche d´évènements. Parfois prévus, parfois innatendus car, comme on dit ici, "Nada es seguro, todo es posible" (Rien n´est sûr, tout est possible).

Je devais atterir le 29 février à Santa Marta, mes billets d´avion avaient été achetés. Finalement j´apprends par le biais de l´Association TCHENDUKUA, organisatrice de l´évènement, que la restitution historique d´objets précolombiens aux indiens Kogis (dans le cadre du projet ZIGONESHI) aura lieu le 25, après avoir été plusieurs fois décalée. Information, inspiration, réaction : j´avance donc mes billets pour le 24. Malheureusement (?), le lieu de restitution initialement prévu dans le petit port de TAGANGA, sera déplacé vers un endroit tenu secret au dernier moment. La restitution aura donc bien lieu, en comité très restreint et afin de préserver la solemnité de la restitution de ces objets en or, sacrés pour les Kogis. L´évènement est relaté sur le blog du navigateur Olivier JEHL.

Donc, "rien n´est sûr"... Mais comme "tout est possible", ma journée en partie improvisée du 25 sera un feu d´artifice d´évènements innatendus : visite d´une école à TAGANGA, rencontre-déjeûner avec des personnes désireuses d´aider notre association et finalement soirée à l´Alliance Française. Celle-ci sera également un concentré de rencontres : des représentants locaux ou français de diverses associations (TCHENDUKUA, Les films au clair de lune, etc.), des journalistes de médias régionaux, l´Ambassadeur de France, le directeur de l´Alliance Française ou des chercheurs qui travaillent avec les communautés indiennes.

Le fait d´avoir avancé mes billets me permettra également d´assister à une "rencontre écologique", deux jours plus tard dans une "finca" près de Minca. Au menu : consommation consciente, protection des cours d´eau, échanges de graines ("semillas") :

Egalement, protection des savoirs ancestraux, avec la "Universidad de los saberes ancestrales (UDSA)" qui s´approche un peu de notre projet. Rencontre et longues conversations avec l´indien wiwa Lwtana Nacoggi : écoute et questions d´abord. Seulement à la fin, je lui expose le projet LA SEMILLA. Il semble adhérer...

Après Minca, la puissance et la présence de la nature de la Sierra Nevada, changement de décor complet : la ville précoloniale de Cartagena (où vivent deux amis) et son festival international de cinéma. Ici se mélangent beauté, culture, créativité, pauvreté et richesse opulente. Cartagena accueille à la fois des touristes richissimes et une des plus gros cordons de misère d´Amérique latine : un immense yacht privé est stationné dans le port pendant que des nécessiteux mendient divers services de quelques centimes à quelques euros :

Certains films du festival touchent à nos sujets, par exemple :

  • "La balada del Oppenheimer park" : à travers un groupe de descendants des esquimaux SDF qui vivent dans un parc de Vancouver dont ils revendiquent la terre, le réalisateur aborde la survivance de la culture indigène dans un environnement "aculturant" ;
  • "Las aventuras de Nuku" : dessin animé écologique pour tous les âges qui met en scène un petit indien aux allures kogi, un mamo et une entrepreneuse cupide et destructrice. Le message est joli et la critique de notre société drôle et réaliste.

Une prise de conscience est en cours et dans tous les secteurs, même si elle est encore minoritaire : certaines choses sont sacrées et sont infiniment plus fortes que les intérêts financiers, politiques ou scientifiques...